Accord sur la Reconnaissance et la Qualification professionnelle

Constatant l’écroulement des effectifs mais poursuivant dans sa volonté de sous-traiter massivement pour limiter le recrutement, la Direction craint néanmoins qu’une partie du personnel ne « décroche ».

L’accord Reconnaissance et Qualification professionnelle a donc pour objectif d’offrir des perspectives d’évolution pour ceux qui adhèreront pleinement à la politique de la Direction et qui signeront un bon niveau de performance ; il vise également à :

  • identifier les compétences attendues pour chaque métier,
  • définir les différents leviers de reconnaissance en fonction de l’acquisition, du développement et de la mise en œuvre des compétences attendues,
  • définir des mesures associées d’augmentation salariale.

Ce qui est nouveau :

1-Niveau d’emploi/compétences attendues/évaluation

Depuis de nombreuses années nous demandons que les niveaux de classification de la CCNT soient subdivisés en quatre sous-niveaux afin d’organiser de la souplesse dans les parcours d’évolution sans se heurter à des plafonds de verre.

La Direction a toujours refusé, alors que cela existe chez un autre opérateur, au motif que c’était trop compliqué à mettre en œuvre ; en réalité elle est restée traumatisée par l’opération de classification de 1993, lors de la bascule PTT vers FTSA …

L’idée fondatrice de l’accord est de se détourner de la classification en imaginant 4 niveaux de maitrise du poste tenu, de base (niveau minimum), opérationnel (tâches courantes réalisées de façon autonome), avancé (autonomie dans la quasi-totalité des situations), de référence (traitement des cas très complexes du domaine de qualification).

Chaque métier comportera au maximum deux niveaux de classification et les offres internes d’emploi ne comporteront plus de critères d’exigence de classification préalable.

Il sera donc nécessaire de définir ce que sont les compétences attendues, travail réalisé par les filières métiers en incluant la notion de polyvalence… Des comités techniques d’évolution des métiers qui seront paritaires (c’est-à-dire avec des représentants des organisations syndicales représentatives) assureront la « maintenance » du système.

2- les moyens associés 

Qui dit reconnaissance dans le cadre du salariat évoque rétribution.

Le passage du niveau opérationnel au niveau « avancé » est reconnu par une augmentation minimum du salaire de base/salaire global de base de 2 % .

La reconnaissance des compétences dans les cas de responsabilités élargies se traduit par une augmentation minimum du salaire de base/salaire global de base de 4 %

Un budget de 2,5% de la masse salariale sur 3 ans, inclus dans l’accord salarial, est prévu. Ce budget sera consommé pour accompagner tout salarié changeant de niveau de maitrise du poste qu’il tient ; selon l’appréciation de sa ligne hiérarchique et validation du CODIR de son unité (des moyens de recours sont prévus en cas de contestation). L’accord est prévu sur une durée de cinq ans avec possibilité de faire le point à 3 ans et de revoir éventuellement certaines dispositions.

Vers un renforcement des mesures individuelles ?

Il est bien difficile en quelques lignes d’évoquer ce projet d’accord qui compte 27 pages et qui a connu 18 mois de gestation.

Certains avantages semblent se dégager : une remise à plat du catalogue de mesure RH dans le domaine de l’incitation (promo, MEC, etc…) et du domaine VAE/certifications, ainsi qu’une remise en ordre de la nomenclature des métiers et niveaux associés.

Pour autant l’organisation de l’accompagnement des salariés vers un développement des compétences accru reste essentiellement une affaire de talent de la ligne managériale et de la fonction RH ; l’appropriation d’un tel dispositif ne sera pas chose facile et imaginer qu’une déclinaison de type « top down » sur le sujet en permettra le succès serait une erreur.

Nous avons fini par obtenir qu’un budget soit associé à ce projet contre le véto initial de la Direction : c’est un progrès considérable.

Mais l’idée qui consiste à le pré-acter sur les 3 accords salariaux à venir n’est pas saine : en effet, que se passera-t-il si une année il n’y avait pas d’accord salarial faute de signataire ? C’est pourquoi nous avions exigé, malheureusement en vain, que ce budget soit accordé à l’exclusion de la NAO (négociation annuelle obligatoire).

Cependant le budget prévu est équivalent au total du budget promo plus MEC de l’accord salarial 2016…ce n’est pas encore la révolution, mais c’est un premier pas !

Pour autant ce dispositif vient renforcer l’individualisation de la rémunération et quand on sait que la Direction rêve de revenir à la situation d’avant 2010 (année dite de la crise sociale) où les mesures d’augmentation générales n’existaient pas, nous avons toutes les raisons de maintenir notre vigilance à son plus haut niveau.

Cet accord sera proposé à la signature des organisations syndicales à la fin du mois.


Articles complémentaires

  1. L’essentiel du CSE de la DO GSE du mois d’octobre 2026 Découvrez l’essentiel du CSE de la DO GSE du mois d’octobre 2026, avec au sommaire : Climatisation, chauffage, locaux : des conditions de travail dignes sur tous les sites ! Handicap, égalité femmes-hommes : des engagements aux actes ! Report du panier ASC 2026 vers 2027 Si vous souhaitez lire l’intégralité de notre article, cliquez […]
  2. Handicap, égalité femmes-hommes : des engagements aux actes ! Ce qu’il faut retenir : Handicap : des progrès, mais peu de recrutements Un taux en hausse (7,58 %), mais des effectifs en baisse : 397 contre 407. Seulement 2 CDI et 4 alternants recrutés. Formation et promotions : des progrès, mais moins d’heures de formation. Égalité femmes-hommes : des écarts persistants Un taux en […]
  3. Essentiel CSEC N69 du 20 octobre 2026 Au sommaire du CSEC N°69 du 20 Octobre : Cyberattaque du site du CSEC Bilan logement Évolution du modèle organisationnel de l’établissement SCE Cabines des experts Développement des compétences Adressage commercial du marché entreprise Retrouvez Essentiel CSEC N°69 du 20 octobre 2026
  4. Développement des compétences Les orientations s’articulent autour de cinq piliers : data, intelligence artificielle (IA) et cybersécurité ; proximité avec les clients ; croissance par l’innovation ; excellence opérationnelle à grande échelle ; présence à l’international. Les compétences recherchées concernent à la fois les savoirs techniques et les compétences relationnelles, comme l’écoute, la coopération, l’adaptation et la capacité […]
  5. Projet ACE : des changements majeurs, des garanties à obtenir ! Projet ACE :  Lors de la bilatérale du 1er octobre 2026 consacrée au projet ACE (Évolution de l’adressage commercial du marché Entreprises), la CFE-CGC a relayé les inquiétudes des équipes sur l’évolution des métiers, les rémunérations, les portefeuilles clients et les conditions de mise en oeuvre. La commission Entreprise du CSEC a d’ailleurs rendu, le […]

Retrouvez toute l'information sur l'épargne et l'actionnariat salarié avec l'ADEAS, Association pour la Défense de l'Epargne et de l'Actionnariat Salarié

logoadeas texte horizontal 500
(nouvelle fenêtre)

Fortes chaleurs : Des mesures & équipements utiles mais un dispositif encore insuffisant

(nouvelle fenêtre)

À la Une

Revue de presse d’octobre 2026

  • Stéphanie CRESPIN

La revue de presse est à votre disposition. Au sommaire :  Etat actionnaire, IA, opérateurs satellitaires, qualité de vie et santé, égalité pro, diversité, SFR, management. Pour la consulter : revue de presse d’octobre. Pour vous abonner gratuitement : s’abonner Vous pouvez lire les articles au fil de leur publication en rubrique Revue de presse, […]