Villers Cotterêts, Ça vous dit quelque chose ?
Outre son château où est implantée la cité internationale de la langue française, c’est là que l’ordonnance de Villers-Cotterêts a été signée par François 1er en 1539.
C’est le plus ancien texte de loi encore en vigueur en France.
Dans cette ordonnance, les articles 110 et 111 sont devenus le symbole de la politique de promotion de la langue française. Elle a survécu à douze régimes successifs !
Elle devrait aussi résister au globish fort pratiqué au sein de notre Groupe.
A noter : Globish pour « global english » soit une version simplifiée et internationale de la langue anglaise conçue comme un outil utilitaire pour permettre à des non anglophones de communiquer entre eux.
Outre l’ordonnance de Villers Cotterêts, n’oublions pas non plus la loi Toubon (loi n° 94-665 du 4 août 1994) destinée à protéger le patrimoine linguistique et à imposer l’usage du français dans divers espaces et notamment, celui lié au travail.
Les objectifs de cette loi sont notamment :
- de garantir le droit des citoyens à être informés, commandés et compris en français dans leur vie quotidienne et professionnelle.
- de lutter contre l’invasion des anglicismes et promouvoir l’utilisation de termes officiels francophones.
La loi Toubon s’applique au monde du travail : ce qui implique que les contrats de travail, les règlements intérieurs et les documents nécessaires à l’exécution du travail doivent être rédigés en français (avec droit de traduction pour les salariés étrangers).
Enfin, le Code du travail interdit les discriminations fondées sur la capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français.
Fort de ces textes de loi, la CFE-CGC s’étonne que chez Orange dont, rappelons-le, l’ancêtre s’appelait France Télécom, nous puissions encore recevoir dans le cadre du point « Orientations Formation », des présentations consacrées aux compétences des salariés dans lesquelles sont inscrits des propos ; je cite : « Communiquer et mobiliser l’anglais comme langue de travail (lecture, échanges, comptes rendus) ».
Outre le fait que notre entreprise réalise plus de 50% de son CA en France, compte plus de 50% de salariés en France et dont le comex est constitué à 90% de français, un tel mot d’ordre ne nous semble pas recevable. Et d’autant moins recevable que l’Etat détient toujours/encore un peu plus de 20% du capital de notre entreprise…
Et les exemples ne s’arrêtent pas là ! La lettre d’engagement « Our commitment to an ethical and compliance approach » que Bruno Zerbib (de surcroît signée par tous ses n-1) nous a envoyée la semaine dernière est rédigée exclusivement en anglais. Une fois de plus ce n’est pas acceptable !
Après, il ne faudra pas s’étonner que les règles concernant l’éthique et la conformité de notre Groupe ne soient pas respectées par les salariés… Encore faudrait-il qu’ils les comprennent et donc que cette lettre soit traduite en français comme la loi, madame la Présidente, vous y oblige !
Par Véronique Garnier